Pourquoi deux calendriers lunaires n'affichent pas les mêmes constellations
Deux calendriers, un même jour, deux indications différentes. D'où vient l'écart, ce que la précession a à voir là-dedans et comment reconnaître en trente secondes le système que vous avez sous les yeux.
Deux calendriers lunaires sont posés sur la table. Pour le même jour, l'un indique jour feuille, l'autre jour fleur. Pas une erreur d'impression — les deux calculent avec des ciels différents.
La question nous parvient chaque printemps, quand les semis pressent et que les calendriers se contredisent : lequel a raison ? Une décision pratique en dépend — savoir si c'est la salade ou le chou-rave qui va en terre aujourd'hui. La réponse ne se trouve pas dans la biodynamie, mais dans l'astronomie, et elle est heureusement claire. À la fin de ce texte, vous saurez d'où vient l'écart et comment reconnaître en quelques secondes le système que vous avez sous les yeux.
Deux systèmes, un seul ciel
Qui parle de la position de la Lune désigne l'une de deux choses. Dans le langage courant, on les confond.
Les signes du zodiaque. Une grille de calcul : douze secteurs de 30 degrés exactement, tracés sur l'écliptique et ancrés au point vernal. Propre, régulier, commode pour un calendrier. Le prix à payer : les secteurs portent les noms des constellations, mais ne coïncident plus avec elles.
Les constellations. Les groupes d'étoiles réellement présents dans le ciel. Leur largeur varie, parce que les étoiles ne se plient pas aux lignes d'une grille. Sur l'écliptique, elles occupent entre douze et quarante degrés. La Lune met 27,32 jours pour accomplir sa révolution — elle traverse la Balance en un peu plus d'un jour, il lui faut trois jours et demi pour la Vierge.
Un calendrier qui utilise le premier système et un calendrier qui utilise le second aboutissent, bien des jours de l'année, à des indications différentes. Les deux calculent juste. Ils répondent à des questions différentes.
La précession : pourquoi les deux se sont éloignés
Il y a environ deux mille ans, signes et constellations se superposaient encore largement. C'est à cette époque que la grille a été fixée. Depuis, l'axe de la Terre continue de vaciller — c'est la précession, avec une période d'environ 25 920 ans. Pour parcourir la largeur d'un signe, il lui faut à peu près 2 160 ans.
Résultat : le point vernal, auquel est accrochée la grille des signes, ne se trouve plus aujourd'hui dans la constellation du Bélier, mais au début de la constellation des Poissons. Entre signe et constellation, l'écart atteint désormais presque la largeur entière d'un signe.
Pour la pratique, la conversion en jours est plus parlante que celle en degrés : la Lune avance d'environ treize degrés par jour. Un décalage d'un peu moins de trente degrés correspond ainsi à environ deux jours de calendrier. Le jour racine qu'un calendrier des signes annonce pour le vendredi se situe, dans le calendrier des constellations, plus près du mercredi.
Ce que Maria Thun a calculé
Pour la pratique biodynamique, la question du système est tranchée. Maria Thun (1922–2012) a expressément choisi le ciel réel. Ses jours de semis ne se réfèrent ni à la grille des signes ni au zodiaque sidéral de l'astrologie indienne, mais aux constellations visibles dans leur étendue réelle et inégale. Les éphémérides astronomiques ont servi de base de calcul — les mêmes données que celles avec lesquelles travaille tout observatoire.
Le chemin y a mené par la planche de culture. À partir du milieu des années 1950, Thun a mis en place sur ses terres près de Marburg des essais en parcelles avec répétitions. Sur le radis, elle a trouvé quatre types de croissance récurrents, qu'elle a nommés type racine, type feuille, type fleur et type fruit ou graine. Les plantes basculaient d'un type à l'autre à deux ou trois jours d'intervalle. En comparant avec les positions astronomiques, elle a trouvé un rythme qui y correspondait : le passage de la Lune d'une constellation à la suivante. En 1963 est paru son premier « Calendrier des semis », qui existe aujourd'hui en une vingtaine de langues.
Les quatre trigones
Thun attribue un élément à chaque groupe de trois constellations, et à chaque élément une partie de la plante. Cette attribution est le cœur du système :
- Terre → jour racine. Taureau, Vierge, Capricorne. Pour la carotte, la betterave rouge, la pomme de terre, le radis.
- Eau → jour feuille. Cancer, Scorpion, Poissons. Pour la salade, le chou, l'épinard, les herbes à feuilles.
- Air-Lumière → jour fleur. Gémeaux, Balance, Verseau. Pour les fleurs, le brocoli, le chou-fleur.
- Chaleur → jour fruit. Bélier, Lion, Sagittaire. Pour la tomate, le haricot, la courge, les céréales, les fruits.
Comme les constellations sont de largeur inégale, les jours-plantes sont de longueur inégale. Un jour fruit de trois jours et demi et un jour fleur d'un peu plus d'un jour se côtoient dans le même mois. Ce n'est pas un défaut, mais l'énoncé fondamental du système : il suit le ciel, pas la règle graduée.
Pourquoi deux calendriers indiquent des jours différents
Trois causes, dans cet ordre :
Premièrement, le choix du système. Le représentant le plus connu du calcul par signes est « Vom richtigen Zeitpunkt » de Johanna Paungger et Thomas Poppe — il repose sur la division rigide en trente degrés. En feuilletant, la différence saute rarement aux yeux, parce que les deux types de calendrier emploient les mêmes symboles et les mêmes termes. L'écart tient à la base de calcul, pas à la présentation.
Deuxièmement, les limites. Au milieu d'une constellation large, les deux systèmes se trouvent souvent dans le même élément, parce que signe et constellation se chevauchent. Aux transitions, cela bascule. Qui s'étonne d'une contradiction la trouve presque toujours sur un jour de changement — c'est le premier endroit où vous devriez regarder.
Troisièmement, l'heure. Le changement de constellation tombe à un instant précis, pas sur un jour. Qu'un calendrier attribue un changement survenant à 21 h encore au jour en cours ou déjà au jour suivant relève d'un choix éditorial. Pour les calendriers diffusés à l'international s'ajoute le fuseau horaire.
Comment reconnaître en trente secondes le système que vous avez sous les yeux
C'est rarement indiqué sur la couverture. Ces quatre vérifications suffisent :
- Les secteurs de constellations sont-ils de longueur inégale ? Comptez, dans le calendrier d'un mois, combien de jours reviennent à chaque signe. S'il y a des blocs d'un jour et des blocs de trois à quatre jours, le calendrier calcule avec les constellations. Si tous les blocs ont la même longueur, c'est la grille des trente degrés qui est à la base.
- La position de la Lune change-t-elle à des heures précises ? Les calendriers des constellations indiquent le plus souvent le changement avec l'heure, parce qu'il ne tombe pas à minuit. Les calendriers des signes travaillent plus souvent par jour entier.
- Une source figure-t-elle dans les mentions légales ? Des formulations comme « d'après les éphémérides astronomiques » ou un renvoi aux « Astronomische Grundlagen für den Kalender » indiquent le calcul par constellations.
- La contre-épreuve dans le ciel. La vérification la plus fiable prend une minute : regardez dans un affichage des constellations où se trouve réellement la Lune aujourd'hui et comparez avec l'indication du calendrier. Si l'écart est d'environ deux jours, vous avez un calendrier des signes entre les mains.
Une remarque sur un usage des mots qui sème la confusion : la distinction entre calendriers « astronomiques » et « astrologiques » est souvent présentée comme si c'était là que résidait la différence décisive. Elle est trop courte. Les deux types de calendrier supposent une action des forces de la Lune et du zodiaque sur la plante — ils se distinguent par la base de calcul, pas par l'hypothèse de départ. Le terme « astronomique » décrit donc la base de calcul, rien de plus.
Le Serpentaire : la constellation qu'aucun système de règles ne connaît
Ici, cela devient inconfortable. D'après les limites de constellations en vigueur aujourd'hui, fixées par l'Union astronomique internationale, l'écliptique traverse non pas douze, mais treize constellations. La treizième est le Serpentaire, Ophiuchus, et elle se situe entre le Scorpion et le Sagittaire.
La Lune s'écarte au maximum d'environ cinq degrés de l'écliptique. Elle traverse donc régulièrement cette constellation — plusieurs fois par an, pour environ un jour à chaque fois.
Dans les systèmes de règles classiques, il n'apparaît pas. Cela s'explique historiquement : l'ordre babylonien a été ramené à douze secteurs, en accord avec les douze cycles lunaires de l'année, et le Serpentaire en est tombé. Le calendrier de Thun ne le mentionne pas non plus. Les systèmes à douze constellations comblent la lacune en étendant les voisins, Scorpion et Sagittaire, jusqu'à leur limite commune.
Ces jours-là, il n'existe donc aucune attribution transmise, seulement une convention. Qui veut savoir où se trouve réellement la Lune un jour donné et de combien les deux systèmes s'écartent à ce moment-là trouve sur la Himmelsuhr une représentation qui superpose les deux anneaux — à l'extérieur les limites des constellations selon l'UAI, à l'intérieur les champs tropiques de trente degrés. Le Serpentaire y est visible, au lieu d'être partagé en silence.
Ce que cela signifie pour le travail des préparations
Moins que le débat ne le laisse supposer. La question des constellations concerne avant tout les semis et les soins aux cultures, parce que c'est là qu'elle détermine la partie de la plante sollicitée.
Pour l'épandage des préparations, d'autres critères passent au premier plan : moment de la journée, météo, température et humidité du sol, ainsi que la pratique courante qui consiste à pulvériser la bouse de corne l'après-midi en Lune descendante et la silice de corne tôt le matin. Ces critères ne sont pas touchés par la question signes ou constellations. Qui tient compte en plus de la constellation gagne un réglage fin — pas un critère d'exclusion. Un bon moment d'épandage par un temps favorable l'emporte sur un mauvais moment dans le bon trigone.
En résumé
- Les signes du zodiaque sont une grille de douze secteurs de même taille, ancrée au point vernal.
- Les constellations sont les groupes d'étoiles réels, larges de douze à quarante degrés, que la Lune traverse en un à trois jours et demi.
- La précession a décalé les deux de presque la largeur d'un signe — pour la Lune, cela correspond à environ deux jours de calendrier.
- Les jours de semis de Thun suivent les constellations. Les calendriers des signes comme « Vom richtigen Zeitpunkt » suivent la grille.
- Le Serpentaire se trouve sur l'écliptique, mais les systèmes à douze parties ne le recensent pas.
- Plus important que le choix du système : rester fidèle à un système et noter ses propres résultats.
Pour aller plus loin
- Notre calendrier biodynamique — jours-plantes, fenêtres pour les préparations et travaux du mois, calculés pour votre lieu.
- Himmelsuhr — phase de la Lune et constellation pour chaque jour selon les limites de l'UAI, plus pleine et nouvelle Lune à la minute près, apogée, périgée, nœuds lunaires et éclipses. Utile comme contre-épreuve quand deux calendriers se contredisent.
- Maria Thun, « Calendrier des semis » — le calendrier lui-même, réédité chaque année aux éditions Thun. La source à laquelle se réfère le travail avec les constellations dans l'espace germanophone.
Et si la prochaine fois deux calendriers affirment des choses différentes : vérifiez si le jour est un jour de changement. Dans la plupart des cas, l'affaire est ainsi expliquée.